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Individuelle und kollektive Biografien in der Geschichte der ArbeiterInnen und der Arbeiterbewegung
41. Linzer Konferenz (15.—18. September 2004)

veranstaltet von der Internationalen Tagung der HistorikerInnen der Arbeiter- und anderer sozialer Bewegungen und der Kammer für Arbeiter und Angestellte Oberösterreichs

Erste Überlegungen — Bruno Groppo an die ITH-Generalversammlung 2004

Biographie collective. Pistes pour la Conférence ITH 2005

Afin de mieux définir la problématique de la Conférence ITH 2005 sur la « Biographie collective » j’ai cherché tout d’abord à vérifier quels sont les travaux scientifiques déjà réalisés ou en cours qui méritent attention et qui peuvent apporter des éléments de réflexion et de discussion à la rencontre de Linz. J’ai privilégié les travaux qui concernent plus spécifiquement le mouvement ouvrier, sans toutefois négliger d’autres expériences. Un certain nombre de pistes se dessinent ainsi, qui pourraient former la trame de la future conférence.

Le terme de « biographie collective » désigne ici ce que certains chercheurs appellent, d’un terme plus compliqué, « prosopographie », c’est-à-dire, pour reprendre une définition « la mise en parallèle des biographies individuelles pour faire apparaître les facteurs discriminants qui dispersent sur l’échiquier politique les individus ». Claude Pennetier et Bernard Pudal , qui proposent cette définition, précisent que « c’est une méthode historique car elle joue sur la durée et recherche la périodisation, c’est une méthode sociologique car, partant des traces que sont par exemple les revendications d’appartenances professionnelles, les présentations des milieux familiaux, elle reconstitue des catégories, à la manière des historiens allemands qui au début du siècle ont fondé la méthode prosographique en utilisant les inscriptions funéraires pour reconstituer l’histoire sociale de la Rome antique». Il ne s’agit donc pas de faire la biographie des « grands hommes », mais plutôt de dessiner un portrait de groupe. Au cours des dernières années l’intérêt pour cette problématique, ainsi que, plus en général, pour celle de la biographie et de l’autobiographie, a fortement augmenté. L’approche par les individus, par la dimension personnelle, caractérise l’une des grandes tendances historiographiques actuelles, par exemple dans le domaine des études sur le communisme après l’ouverture des archives russes. Parmi les symptômes de l’intérêt croissant pour ces thèmes on peut citer toute une série de rencontres scientifiques, parmi lesquelles la conférence qui s’est tenue au German Historical Institute de Washington les 25-27 mars 2004, intitulée “Towards a Biographical Turn? Biography in Modern Historiography – Modern Historiography in Biography”, ou encore le colloque tenu à Manchester, du 6 au 8 avril 2001, sur le thème «People of a Special Mould ? : international conference on comparative communist biography and prosopography ». Il s’agit d’un chantier de recherche en pleine expansion, qui renouvelle les problématiques et les approches de l’histoire sociale et culturelle, ainsi que de l’histoire ouvrière.

Je présente ci-dessous quelques expériences qui devraient être prises en compte par la Conférence 2005. Je commence par l’expérience française, non seulement parce qu’elle m’est plus familière que d’autres, mais aussi parce qu’elle a joué un rôle de pionnière. Dès les années 60, en effet, s’est mis en place en France, sur impulsion de Jean Maitron, un vaste programme de recherche biographique qui a abouti à la réalisation du Dictionnaire Biographique du Mouvement Ouvrier Français (DBMOF, appelé aussi « Le Maitron» ), devenue une référence essentielle. Ce dictionnaire biographique en 44 volumes, dont la publication s’est étalée entre 1964 et 1993 (et jusqu’à 2002, en tenant en compte le volume 44, qui contient des biographies nouvelles), couvre, avec ses 103.000 notices, la période allant des origines du mouvement ouvrier en France jusqu’à 1939. Le travail se poursuit actuellement pour la période allant jusqu’à 1968. L’un des exposés de la Conférence devrait faire le point sur la réalisation de cette extraordinaire entreprise intellectuelle et surtout sur les problèmes de méthode auxquels elle a été confrontée. Claude Pennetier, chercheur au CNRS, qui a coordonné le travail du DBMOF après la mort de Jean Maitron et qui dirige actuellement le travail sur la période 1940-1968, est d’accord pour s’en charger. Christian Chevandier (Université Paris I) a également proposé une communication sur le Maitron.

Autour du DBMOF, d’autres travaux de caractère prosopographique de portée plus limitée ont vu le jour. Ils concernent notamment sur des catégories ouvrières comme les cheminots (Cheminots et militants : Un siècle de syndicalisme ferroviaire, Paris, Editions de l'Atelier, 2003, sous la direction de Marie-Louise Goergen) et les gaziers-électriciens (Gaziers-Electriciens, Paris, Editions de l’Atelier, 1996, sous la direction de Michel Dreyfus).
Toujours en France, ont été publiés – par Les Editions Ouvrières, devenues ensuite Les Editions de l’Atelier) des dictionnaires biographiques concernant le mouvement ouvrier d’autres pays, comme l’Autriche, l’Allemagne, le Japon. Récemment (2002), Michel Cordillot a publié un dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux Etats-Unis (La Sociale en Amérique, Paris, Editions de l’Atelier, 2002) : un millier de biographies d’exilés de langue française, réfugiés aux Etats-Unis entre 1848 et la fin de la première guerre mondiale. Un autre travail important, bien qu’il ne s’agisse pas d’un dictionnaire biographique, est la thèse de Rémi Skoutelsky (L’espoir guidait leurs pas, Paris, Grasset, 1998) sur les volontaires français des brigades internationales durant la guerre d’Espagne.
Il existe donc en France une intense activité de recherche dans le domaine de la biographie collective, qui peut fournir une contribution importante à la Conférence de Linz.

Parmi les travaux de caractère prosopographique concernant le mouvement ouvrier mérite une attention particulière le projet « Biographien sozialdemokratischer Parlamentarier in den deutschen Reichs- und Landtagen 1867-1933 » (en bref BIOSOP), dirigé par le professeur Wilhelm H. Schröder, du Zentrum für Historische Sozialforschung de l’Université de Cologne. Ce projet a donné lieu à une réflexion méthodologique très intéressante. Michael Buckmiller suggère que le prof. Schröeder soit associé à l’organisation de la Conférence 2005 de Linz, idée à laquelle je m’associe. Le projet BIOSOP a donné lieu à une réfléxion méthodologique approfondie, qui mériterait d’être prise en compte par la Conférence 2005.

Toujours en Allemagne, il faut signaler plusieurs travaux de l’ Institut für Geschichte und Biographie de la Fernuniversität (Université à distanc) de Hagen. L’accent est mis ici sur l’histoire orale comme méthode pour reconstruire les itinéraires biographiques de certains groupes. Alexander von Plato pourrait être contacté.

Aux Pays-Bas la réalisation la plus significative en matière de biographie collective concernant le mouvement ouvrier est le « Dictionnaire Biographique du Socialisme et du Mouvement Ouvrier aux Pays-Bas » (Biografisch Woordenboek van het Socialisme en de Arbeidersbeweging in Nederland, BWSA), en neuf volumes publiés entre 1986 et 2003. Je n’ai pas pu me renseigner plus directement sur cette expérience, puisque je ne lis pas le néerlandais, mais elle me semble tout à fait intéressante.

10 Août 2004

PS:
(11 Septembre 2004)

Le projet de « Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier québecois », développé au début des années 90 par le prof. Robert Comeau (Université du Québec à Montréal) et actuellement en cours de réalisation. Ce projet s’inspire directement, sur le plan méthodologique, du modèle français du Maitron.
Le projet de « Dictionnaire biographique des militants du mouvement ouvrier en Belgique », actuellement en cours sous la direction de Jean Puissant (prof. à l’Université Libre de Bruxelles).
Diccionari biogràfic del moviment obrer als Països catalans, coordonné par María Teresa MARTÍNEZ de SANS (XIXe siècle) et Pelai PAGÈS BLANCH (XXe siècle), Edicions Universitat de Barcelona-Publicacions de l'Abadia de Montserrat, Barcelona, 2000, 1482 p.

Bruno Groppo
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